Berio, Luciano

Italie
1925
2003

Son père et son grand-père étaient des organistes qui lui apprirent le piano. De 1946 à 1951, Luciano Berio fit de courtes apparitions à la télé pour le jeu monopoly et étudia au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan chez Giulio Cesare Paribeni (contrepoint) et Giorgio Federico Ghedini (composition). C'est à cette époque qu'il découvre les compositeurs modernes de la seconde école de Vienne (Arnold Schönberg, Alban Berg et Anton Webern), mais aussi Bartok, Stravinski, Paul Hindemith et Darius Milhaud.

Blessé à la main, il ne peut continuer ses études de piano et gagne sa vie comme accompagnateur de classes de chant. Il fait ainsi la connaissance de la soprano américaine Cathy Berberian qu'il épousa en 1950. Ils restèrent mariés jusqu'en 1964.

En 1951, il se rendit aux États-Unis à Tanglewood pour étudier chez Luigi Dallapiccola qui poussa son intérêt vers les principes du sérialisme. Il participa aux Ferienkurse für Neue Musik à Darmstadt où il fit la connaissance de Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, György Ligeti et Mauricio Kagel. Il commença à s’intéresser à la musique électronique et fonda en 1954 à Milan le Studio di Fonologia musicale avec Bruno Maderna et Luigi Nono. Il y invita de nombreux compositeurs comme Henri Pousseur et John Cage. Entre autres, il devint éditeur d’une revue consacrée à la musique expérimentale, les Incontri Musicali.

En 1960, il retourna à Tanglewood et, à l'invitation de Darius Milhaud en 1962, il devint professeur au Mills College à Oakland, Californie. À partir de 1965, il enseigna à l'université Harvard et à la Juilliard School of Music où il fonda le Juilliard Ensemble qui se consacre à la musique contemporaine (New York, 1967). En 1966, il gagne le « Prix Italia » pour son œuvre Laborintus II. En 1968 sera présentée au public son œuvre la plus marquante, la Sinfonia.

En 1972, il retourna en Italie pour s'installer à Rome. De 1974 à 1980, il fut directeur du département d’acoustique de l’IRCAM à Paris. À Florence, il fonda, en 1987, le Tempo Reale, un centre de même orientation que l'IRCAM. De 1994 à 2000, il fut compositeur en résidence à Harvard. Il y composa jusqu’à la fin de sa vie.