Berg, Alban

Autriche
1885
1935

Comme son ainé de 2 ans Anton Webern, il fut l'élève d'Arnold Schönberg. Sous l'influence de ce dernier, il abandonne les fonctions tonales classiques en 1909 et adopte la technique des douze sons (dodécaphonisme) en 1926. Berg a vécu l'essentiel de sa vie à Vienne où, grâce à son indépendance financière, il a consacré sa vie à la musique.

C'est en 1900, année qui marque la mort de son père qu'il compose de façon autodidacte ses quinze premiers Lieder.

En 1908 il reviendra horrifié par le caractère mondain d'un pélerinage à Bayreuth, comme ses amis Arnold Schönberg et Anton Webern.
Il se marie à Hélène Nahowsky le 3 mai 1911 son beau-père lui donnant sa fille contre une conversion au protestantisme. C'est la même année qu'il envisage le « SchönbergBuch ».

Fait un Almanach en 1912 avec Vassily Kandinsky qui regroupe Kandinsky, Franz Marc, August Macke.

C'est en 1910 qu'il créé une association de littérature et de musique qui s'intégrera par la suite à la société « Verein für Kunst und Kultur » « société pour l'art et la culture ». Il fait partie, avec Arnold Schönberg et Anton Webern, de la Seconde école de Vienne.

De 1907 à 1911, Alban Berg compose, en autodidacte, environ quatre-vingts lieder dont il fait interdire une grande partie. Seulement sept sont choisis pour être orchestrés et arrangés en cycles en 1928. Et quelques œuvres pour piano à quatre mains sous l'influence du romantisme germanique. Il a alors parmi ses idoles Gustav Mahler et Richard Wagner.

En 1904, âgé de 19 ans, il devient élève d'Arnold Schoenberg, il semble alors qu'il ne puisse exprimer son talent autrement que par la voix. Mais sous l'enseignement de ce maître révolutionnaire de la musique moderne, Berg est transformé. Cette période charnière de sa vie débute par les Sieben frühe Lieder composés entre 1905 et 1908 dans lequel il s'est imprégné des techniques nouvelles initiées par son maître. La Sonate, op.1 (1908), pour piano, est rédigée sans le recours atonale, mais c'est en 1910, avec son troisième opus, le Quatuor à cordes no 1, qu'il se sépare du piano et de la voix et adopte déjà un atonalisme franc.

C'est avec l'opéra que l'œuvre de Berg atteint son apogée, en particulier avec Wozzeck, achevé en 1922 et créé en 1925. Le sujet de cet opéra, qu'il tire de la pièce de Georg Büchner, est très marqué par la psychologie et développe un aspect social assez typique de l'expressionnisme. Il y mélange tradition, avec parfois l'utilisation de la musique tonale et des influences romantiques, et modernisme, avec l'atonalité et de nombreuses techniques développées par Schönberg tel que le Sprechgesang et même l'utilisation d'une série, sans être encore vraiment développée au sens dodécaphonique.

C'est avec l'œuvre qui suit, le Kammerkonzert (« Concerto de chambre »), achevée en 1925, qu'il débute sa période dodécaphonique qui durera jusqu'à la fin de sa vie. Il compose alors des œuvres marquantes telles que la Suite lyrique (pour quatuor à cordes, 1926), et le Concerto « à la mémoire d'un ange », pour violon et orchestre, en 1935. Dans ce dernier, il réintroduit des accords tonals au sein du langage dodécaphonique, ce qui lui permet de renouer avec le passé en citant un choral de Jean-Sébastien Bach, Es ist Genug (cantate BWV 60), et une chanson populaire.

Sa dernière œuvre, Lulu, est le premier opéra dodécaphonique de l'histoire de la musique. L'opéra ne sera achevé qu'en 1979 par Friedrich Cerha en raison de la mort du compositeur d'une septicémie en 1935. Comme dans son précédent opéra, le sujet traite des préoccupations psychologiques et sociales.